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 Louis XV et son époque

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MessageSujet: Louis XV et son époque   Lun 6 Oct - 21:00

Louis XV dit le Bien-Aimé, né le 15 février 1710 et mort le 10 mai 1774, est un roi de France dont le règne s'étend de 1715 à 1774.

Né le 15 février 1710 à Versailles, troisième fils du Petit Dauphin, duc de Bourgogne, et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin, arrière-petit-fils de Louis XIV, Louis de France fut titré à sa naissance duc d'Anjou, titre que portait à sa naissance son oncle le roi d'Espagne, Philippe V, en guerre contre son concurrent le prétendant autrichien. C'était une manière de signifier au parti autrichien que les Bourbons ne renonceraient jamais à la couronne espagnole. Conformément à la coutume, son éducation fut confiée jusqu'à ses sept ans à la gouvernante des enfants royaux, depuis 1704, la duchesse de Ventadour, secondée par Madame de La Lande, sous-gouvernante. Sa nourrice, Marie-Madeleine Mercier, était une bourgeoise parisienne originaire de Provence.

Le 14 avril 1711, Louis perdit son grand-père, le Grand Dauphin, puis, en février 1712, ses parents. Leur fils aîné n'avait vécu que quelques mois entre 1703 et 1704 et en mars de la même année 1712, les deux enfants survivants du couple défunt contractèrent la même maladie (une forme de rougeole). Les médecins s'acharnèrent sur le frère aîné, prénommé également Louis, anciennement titré duc de Bretagne, nouvel héritier du trône, qui mourut le 8 mars à l'âge de cinq ans. À la mort de son frère, le jeune duc d'Anjou devint le nouveau dauphin. L'enfant de deux ans survécut à l'hécatombe qui avait anéanti sa famille grâce au dévouement de sa gouvernante, Mme de Ventadour, qui décida de le soigner elle-même, l'arrachant aux médecins et refusant énergiquement qu'on le saignât. Rescapé d'une famille décimée, Louis trouva en Mme de Ventadour sa seule source d'affection, l'appelant « Maman Ventadour », voire « Maman » tout court.

Le 5 mai 1714, le duc de Berry, oncle du jeune prince, mourut à l'âge 28 ans, victime d'un accident de cheval. Voyant son frêle arrière-petit-fils, le vieux roi, récemment encore patriarche d'une nombreuse lignée prometteuse, ne put s'empêcher de soupirer en présence de ses courtisans : " Voilà tout ce qu'il me reste de ma famille".

En 1714, Louis reçut un instituteur, l'abbé Perot. Celui-ci lui apprit à lire et à écrire, ainsi que des rudiments d'histoire et de géographie et, bien sûr, lui donna un enseignement religieux empreint de sulpicisme. En 1715, le jeune prince reçut également un maître à danser, puis un maître à écrire. Gardant un œil attentif sur l'éducation du jeune prince, Mme de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, choisissait maîtres et instituteurs.

En février 1715, le jeune dauphin participa à sa première cérémonie : la réception d'un ambassadeur de Perse à Versailles. À cinq ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive et d'une bonne mémoire, gai et farceur. Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut, non sans lui avoir donné ses derniers avis, principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ». L'ancien duc d'Anjou se retrouva roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV. Le lendemain, le duc d'Orléans, neveu du feu roi, fut nommé régent.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Lun 6 Oct - 21:14

Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi d'abord en se rendant à la messe de requiem célébrée pour le feu roi, à la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son avènement. Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie, le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Université de Paris et de l'Académie française, les jours suivants, sur les réceptions d'ambassadeurs venus présenter leurs condoléances, etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement et de la cour et jouer son rôle de représentation.

Il continua d'être élevé par Madame de Ventadour, qui lui donna comme compagnons de jeux le fils d'un savetier parisien, et un jeune Iroquois. En 1717, ayant atteint l'âge de raison, il quitta ses lisères (sorte de laisse utilisée pour guider les enfants en bas âge) et les mains des femmes. Son éducation fut désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et un précepteur, André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprit désormais le latin, les mathématiques, la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie, mais aussi à chasser. L'éducation manuelle ne fut pas non plus négligée : en 1717, il apprit un peu de typographie, et en 1721, il s'initia à tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à Louis XIV, il n'avait que peu d'affinités pour la musique, avait une mauvaise voix (ce qui sera un handicap face aux parlementaires) et chantait faux.

L'arrivée au pouvoir du duc d'Orléans, précédée de peu par le remariage de Philippe V d'Espagne avec l'ambitieuse Élisabeth Farnèse, modifia considérablement les relations des deux pays (conspiration de Cellamare) et une courte guerre s'ensuivit à laquelle participèrent les états européens. L'Espagne fut défaite et on chercha à se réconcilier entre descendants de Louis XIII. (cf. Quadruple Alliance).

On fiança donc le jeune roi âgé de neuf ans à Marie-Anne-Victoire d'Espagne qui en avait trois. Les fiancés se rencontrèrent en 1722 sur l'île des Faisans en plein milieu la rivière de la Bidassoa où s'étaient rencontrés Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche en 1660, soixante ans auparavant...

La jeune "infante-reine" s'installa à Versailles où elle fit les délices de la cour. Son éducation fut supervisée par la princesse douairière de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière, femme réputée pour son élégance et ses qualités de cœur.

Parallèlement, le régent assurait son avenir en donnant en mariage au prince des Asturies et à son frère Don Carlos deux de ses filles. À eux quatre, les nouveaux époux n'avaient pas quarante ans.

Le 25 octobre 1722, le roi fut couronné et sacré à Reims. Quelques mois plus tard, il atteignit ses treize ans et fut déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. C'est la fin de la Régence, mais le duc d'Orléans resta le plus important personnage du royaume après le roi. Le cardinal Dubois fut confirmé dans sa fonction de premier ministre, mais il mourut en août 1723. Le duc d'Orléans le suivit peu de temps après. C'est un autre prince du sang, le duc de Bourbon, qui le remplaça auprès du jeune roi. Pour se distraire, comme l'avaient fait presque tous les membres de sa famille, Louis XV se jeta à corps perdu dans la chasse. Le 3 novembre 1724, la chasse royale de la Saint-Hubert rassembla ainsi une centaine de sonneurs de trompe, plus de 900 chiens et un millier de chevaux.

Le roi devenant adulte, et apte à procréer, se posa la question de l'héritier du trône. L'Infante-reine n'avait alors que six ans et le duc de Bourbon redoutait de perdre le pouvoir au cas où le jeune roi, de santé fragile, viendrait à disparaître. En 1725, on prit la décision de renvoyer en Espagne la jeune reine, et de chercher une nouvelle fiancée. Cent noms de princesses européennes furent présentés et l'on n'en retint que huit. Le duc de Bourbon, uniquement préoccupé d'ambition personnelle( c'est durant son ministère que la traite négrière privée devint libre en échange de droits payés. Cette décision fut validée par le Roi.), n'ayant pu imposer une de ses sœurs, refusa également toutes les princesses alliées à la branche rivale des Orléans en dépit des intérêts du Royaume (notamment les filles du Duc et de la Duchesse de Lorraine).

Ce fut, faute de mieux, et à la grande déception de la cour et de la nation toute entière, Marie Leszczyńska, la fille du roi détrôné de Pologne, de sept ans plus âgée que le roi, vivant chichement en Alsace d'une pension que lui versait la France, qui fut choisie. Le mariage fut célébré le 5 septembre 1725 à Fontainebleau. Les jeunes mariés paraissaient alors très attachés l'un à l'autre, et le mariage fut consommé la nuit même.

Dès la rentrée de la cour à Versailles, Louis XV décida de se débarrasser du duc de Bourbon qui était extrêmement impopulaire. Mgr de Fleury partit alors de la cour, bien décidé à être rappelé. En effet, quelques jours plus tard, Louis XV le fit rappeler et exila le duc de Bourbon sur ses terres à Chantilly, malgré l'intervention de la reine pleine de reconnaissance envers celui à qui elle devait sa fortune, mais qui la manipulait à son gré. La reine perdit dès lors toute influence sur le roi et, le 16 juin 1726, Louis XV prit Fleury comme Chancelier de France
À la mort du cardinal de Fleury en 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise qui l'adulait et lui était entièrement dévouée. Un enfant était né presque chaque année. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition, autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, il n'eurent que deux garçons, et un seul survécut, le dauphin. En 1734, pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi. Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly, puis de sa jeune sœur Madame de Vintimille, puis à sa mort d'une autre de leurs sœurs, Madame de Châteauroux. La reine se réfugia alors dans la religion et les œuvres de charité.

Un an après la mort de Fleury, se produisit un événement qui allait marquer la personnalité du roi et la suite de la vie politique française: "L'épisode de Metz". Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente. Les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l'avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte.

Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses péchés dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. Colportée dans tout le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Pendant ce temps, les dévots, fort maladroitement, plaçaient ostensiblement un second oreiller dans le lit de la reine et poussait celle-ci, pourtant quadragénaire, à s'habiller comme une adolescente, abusant du rouge et des parfums, ce qui seyait peu à une femme de son âge.

Le roi échappa à la mort et, à la suite de la messe d'Action de Grâce célébrée en l'église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier reprit les qualificatifs du célébrant et appela le roi "Louis le Bien-Aimé".

Cependant Louis XV, en tant que roi, avait ressenti douloureusement l'humiliation que lui avait infligé le parti dévot. De retour à Versailles, il démit Monseigneur de Fitz-James de ses fonctions d'aumônier, l'exila dans son diocèse et rappela Madame de Châteauroux, mais celle-ci mourut avant sa rentrée en grâce officielle. Le roi, bien que sa vie sexuelle déréglée le fît souffrir d'un profond sentiment de culpabilité, ne renoua pas avec la reine.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Lun 6 Oct - 21:16

La Marquise de Pompardour

Jeanne Lenormant d'Etiolles, rencontrée en 1745 lors du bal masqué donné à l'occasion du mariage du dauphin Louis-Ferdinand, devint la favorite la plus célèbre du règne. Le roi, pour pouvoir lui permettre d'être présentée à la cour et de devenir dame d'honneur de la reine, lui attribua une terre limousine tombée en déshérence : le marquisat de Pompadour.

Fille d'un financier, elle était plutôt belle, cultivée, intelligente et sincèrement attachée au roi, mais avait contre elle d'appartenir au Tiers-État, étant une bourgeoise proche des milieux financiers, ce que la cour et le peuple ne pardonnèrent pas : les maîtresses officielles de Louis XIV, et celles de Louis XV jusqu'à présent, choisies dans les hautes sphères de l'aristocratie, avaient été d'autant plus tolérées qu'elles n'exerçaient aucune influence sur le gouvernement (à l'exception de Madame de Maintenon).

Le fait que le roi se commette avec une roturière provoqua un scandale orchestré par l'aristocratie, qui se sentait humiliée de l'influence grandissante de la bourgeoisie dans la société, et reprise par le peuple qui haïssait le monde de la finance qui l'exploitait... Parurent bientôt des chansons et des pamphlets injurieux appelés « Poissonades» (par allusion aux "Mazarinades" du siècle précédent, le nom de jeune fille de la marquise étant Poisson), qui la brocardaient comme dans l'exemple suivant :

« Fille de sangsue et sangsue elle-même
Poisson d'une arrogance extrême
Etale en ce château sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi »

Malgré ces critiques, la marquise de Pompadour eut une influence indéniable sur l'épanouissement des Arts durant le règne de Louis XV. Véritable mécène, la Marquise amassa une imposante collection de meubles et d'objets d'art dans ses diverses propriétés. Elle fut responsable du développement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, et ses commandes assurèrent leur subsistance à de nombreux artistes et artisans. Elle joua également un rôle important en architecture, étant à l'origine de la construction de la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde), et de l'École militaire de Paris, réalisées par Ange-Jacques Gabriel, un de ses protégés. La Marquise défendit également le projet de l'Encyclopédie contre les attaques de l'Église. À sa manière, elle fut représentative de l'évolution des mentalités lors de ce siècle des Lumières, bien qu'elle ne parvienne pas complètement à convertir le roi à ses vues. L'étalage de tout ce luxe dans ses propriétés lui valut bien des reproches, bien que sa famille, très riche, fournît également une aide financière au gouvernement et sauvât la monarchie de la banqueroute.

La marquise de Pompadour était officiellement logée au troisième niveau du château de Versailles, au dessus des appartements du roi. Elle y organisait des soupers intimes avec des invités choisis, où le roi oubliait les obligations de la cour qui l'ennuyaient. De santé fragile, et supposée frigide, la Marquise devint dès 1750 une simple mais véritable amie et confidente, après avoir été amante, et elle parvint à conserver ses relations privilégiées avec le roi, jusqu'à sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des maîtresses royales.

Ne pouvant satisfaire la sensualité du roi et pour éviter d'être évincée par une rivale potentielle (ce qui fut sa hantise jusqu'à la fin de sa vie), elle se chargea de "fournir" discrètement au roi, avec l'accord de leur famille (bien rémunérée), des jeunes filles peu farouches, de petite vertu et de peu d'intelligence qui, occupant les sens du roi, n'occupaient en revanche ni son cœur ni son esprit. Ainsi conservait la marquise son influence sur le roi... Les rencontres se faisaient après le passage des jeunes filles dans un lieu dont le nom seul offrait au fantasme et aux ragots : le parc aux cerfs.

Après 1750 donc, Louis XV, qui venait d'avoir 40 ans, s'engagea dans une série d'histoires sentimentales et sexuelles de courte durée, la plus connue étant celle avec Marie-Louise O'Murphy. Le pavillon du parc aux cerfs servit à abriter ces amours éphémères : les jeunes filles y étaient examinées par un médecin avant d'être menées discrètement dans la chambre du roi. La légende a exagéré les événements qui s'y sont passés, contribuant à assombrir la réputation du souverain. Cette image de roi vieillissant et libidineux accaparé par ses conquêtes féminines ne le quittera plus et entachera sa mémoire, bien qu'il n'ait été guère différent de François Ier ou de Henri IV de ce point de vue.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 10 Oct - 14:24

Faits sur la vie amoureuse de Louis XV

Citation :
De santé fragile, et supposée frigide, la Marquise devint à partir de 1750 une simple amie et confidente, après avoir été amante. Elle parvint cependant à conserver ses relations privilégiées avec le roi, jusqu'à sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des maîtresses royales.

Après 1750, Louis XV s'engagea dans une série d'histoires sentimentales et sexuelles de courte durée, la plus connue étant celle avec Marie-Louise O'Murphy. Un pavillon dans le parc aux cerfs de Versailles servait à abriter ces amours éphémères. La légende populaire a exagéré les événements qui s'y sont passés, contribuant à assombrir la réputation du souverain. Cette image de roi accaparé par ses conquêtes féminines ne le quittera plus et entachera sa mémoire, bien qu'il n'ait été guère différent de François Ier ou de Henri IV de ce point de vue.

Source : http://www.insecula.com/contact/A000616.html
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 10 Oct - 14:27

Sur sa relation avec la Reine

Citation :
En 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise, qui l'adulait et lui était entièrement dévouée. Un enfant était né presque chaque année. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition, autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, il n'eurent que deux garçons, et un seul survécut, le dauphin. La reine se réfugia alors dans la religion et les oeuvres de charité.

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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 10 Oct - 14:32

Sur sa progéniture venant de ses nombreuses aventures

Citation :
Louis XV se refusa toujours à les légitimer, hanté par les mauvais souvenirs liés aux bâtards de son arrière-grand-père. Il subvint à leur éducation et s'arrangea pour leur donner une place honorable dans la société, mais ne les rencontra jamais à la cour.

Seuls furent légitimés Louis de Vintimille et l'Abbé de Bourbon.


Louis XV ne compta donc en tout que treize enfants adultérins, chiffre bien inférieur à celui que peuvent revendiquer ses ancêtres Louis XIV et Henri IV. Il faut noter que Madame de Pompadour fit toujours des fausses couches, et que les naissances d'enfants naturels cessèrent après la mort de celle-ci.



Source : http://www.insecula.com/contact/A000616.html
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 10 Oct - 14:34

Ses maîtresses et favorites furent:

- Louise-Julie de Mailly-Nesle, comtesse de Mailly (1710-1751), épouse 1726 son cousin Louis-Alexandre, Comte de Mailly. Elle devient maîtresse en 1733, favorite en 1736, et est supplantée en 1739 par sa soeur Pauline. Elle rentre en grâce en 1741, mais est renvoyée de la cour en 1742 à la demande de sa soeur Marie-Anne ;

- Pauline Félicité de Mailly-Nesle, comtesse de Vintimille (1712-1741), maîtresse de Louis XV elle épouse en 1739 Jean-Baptiste, Comte de Vintimille (1720-1777). Elle est mère de :
. Charles de Vintimille (1741-1814) dit le Demi-Louis car il ressemblait beaucoup à Louis XV, Marquis du Luc, qui épousera (1764) Adélaïde de Castellane (1747-1770), dont postérité ;

- Diane Adélaïde de Mailly-Nesle, duchesse de Lauraguais (1713-1760) ;

- Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle, duchesse de Châteauroux (1717-1744).

- Marquise de Pompadour (Jeanne Antoinette Poisson, 1721-1764), fille d'un financier véreux exilé en 1725. Elle épouse en 1741 Charles-Guillaume Le Normant d'Étioles dont Alexandrine (1744-54) élevée en princesse et anoblie Mlle de Crécy. Elle devient de 1745 à 1751 la maîtresse du roi, et est honorée en 1752 du tabouret et des prérogatives de duchesse. Elle est dame du palais de la reine en 1756, mais doit quitter Versailles quelque temps en 1757 suite à une cabale ;

- Comtesse du Barry (Jeanne Bécu 1743-guillotinée en 1793) : fille naturelle d'Anne Bécu, couturière, et de Jean-Baptiste Gomard de Vaubernier. Elle mène une vie modeste à Paris et se prostitution sous le nom de Mlle Lange. Elle devient en 1768 la maîtresse du roi auquel Jean, comte du Barry (dont elle a été la maîtresse) l'a présentée. Louis XV lui fait épouser la même année Guillaume du Barry (frère de Jean), puis la présente à la Cour en 1769. Elle avait dit un jour à Louis XV : "La France, ton café fout le camp!" : mot apocryphe car son valet s'appelait La France. Elle se retire en 1774 de la Cour, puis émigre en Angleterre en 1792 pour y cacher ses diamants : elle est arrêtée au retour et condamnée à mort pour avoir dissipé les trésors de l'État, conspiré contre la République et porté le deuil de Louis XVI. Avant d'être guillotinée à Paris, elle supplia : "Encore un moment, messieurs les bourreaux". ;

- Marie-Louise O'Murphy (1737-1815) dite Mlle de Morphise, fille de Daniel O'Murphy d'origine irlandaise elle épouse : 1°) Jacques Pelet de Beaufranchet en 1755, 2°) François Nicolas Le Normand en 1759, et 3°) Louis-Philippe Dumont en 1798, député du Calvados à la Convention, dont elle divorcera la même année. Elle est la mère de :
. Agathe Louise de Saint-Antoine de Saint-André (1754-1774) qui épousera en 1773 René-Jean-Mans de La Tour du Pin (1750-1781), Marquis de la Charce.

- Françoise de Châlus (1734-1821), duchesse de Narbonne-Lara, fille de Gabriel de Châlus, seigneur de Sansac, elle épousera en 1749 Jean-François, duc de Narbonne-Lara. Elle est la mère de :
. Philippe, duc de Narbonne-Lara (1750-1834) qui épouse en 1771 Antoinette Françoise Claudine de La Roche-Aymon, et de
. Louis, Comte de Narbonne-Lara (1755-1813) qui épousera en 1782 Marie Adélaïde de Montholon, dont postérité.

- Marguerite Catherine Haynault (1736-1823), fille de Jean-Baptiste Haynault, entrepreneur de tabac elle épouse en 1766 Blaise d'Arod, Marquis de Montmélas. Elle est la mère de :
. Agnès Louise de Montreuil (1760-1837), qui épousera en 1788 Gaspar d'Arod (1747-1815), Comte de Montmélas, dont postérité, et de
. Anne Louise de La Réale (1763-1831) qui épousera en 1780 le Comte de Geslin (1753-96).

- Lucie Madeleine d'Estaing (1743-1826), soeur naturelle de l'amiral d'Estaing, elle épousera en 1768 François, Comte de Boysseulh. Elle est la mère de :
. Agnès Lucie Auguste (1761-1822) qui épousera en 1777 Charles, Vicomte de Boysseulh (1753-1808), et de
. Aphrodite Lucie Auguste (1763-1819) qui épousera en 1784 Louis Jules, Comte de Boysseulh (1758-1792).

- Anne Couffier de Romans (1737-1808) Baronne de Meilly-Coulonge, elle est la fille d'un bourgeois, Jean Joseph Roman Coppier. Elle entretient une liaison avec le roi de 1754 à 1765, et épousera en 1772 Gabriel Guillaume de Siran, Marquis de Cavanac. Elle est la mère de :
. Louis Aimé de Bourbon (1762-1787), dit l'abbé de Bourbon seul légitimé en 1762.

- Louise Jeanne Tiercelin de La Colleterie (1746-1779) dite Mme de Bonneval. Elle est la mère de :
. Benoît Louis Le Duc (1764-1837), abbé.

- Irène du Buisson de Longpré (décédée en 1767), fille de Jacques du Buisson, seigneur de Longpré, elle épousera en 1747 Charles François Filleul, conseiller du roi. Elle est la mère de :
. Julie Filleul (1751-1822), qui épousera 1°) Abel François Poisson en 1767, Marquis de Vandières, de Marigny, de Ménars, etc., frère de Madame de Pompadour ; 2°) François de La Cropte Marquis de Bourzac en 1783 dont elle divorcera en 1793. Catherine Éléonore Bénard (1740-1769), fille de Pierre Bénard, écuyer de la bouche du roi. Elle épouse en 1768 Joseph Starot de Saint-Germain, fermier général qui sera guillotiné en 1794. Elle est la mère de :
. Adélaïde de Saint-Germain, Comtesse de Montalivet (1769-1850) qui épousera en 1797 Jean-Pierre Bachasson, Comte de Montalivet (1766-1823), dont postérité.

- Marie Thérèse Françoise Boisselet (1731-1800), qui épouse en 1771 Louis-Claude Cadet de Gassicourt. Elle est la mère de :
. Charles Louis Cadet de Gassicourt (1769-1821), qui épouse en 1789 Madeleine Félicité Baudet (1775-1830), dont postérité.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 10 Oct - 15:19

Hygiène

En introduction à la découverte des 7 salles de bains de Louis XV, il faut détailler le plan type de la plupart de ces installations.
Elles seront totalement différentes de celles du sompteux appartement des Bains déjà découvert. Suivant la mode et l'usage de son temps, Louis XV voudra installer des bains bien plus simples et surtout plus confortables que ceux de Louis XIV.

Jusqu'au milieu de son régne, on parlera toujours d'un "appartement des bains" c'est à dire d'une suite de deux à trois piéces. Mais la surface était nettement plus réduite que l'immense enfilade de l'appartement des bains de Louis XIV.

L'installation comportera toujours plusieures pièces : une salle de bains proprement dite de dimensions plus réduites comportant toujours deux baignoires ( dont la présence nous pose toujours un probléme ).
La piéce était systématiquement, au-dessus d'une chape d'étancheité en plomb, dallée de marbre avec un égout central destiné à l'évacuation des eaux salies vers les gouttières extérieures.
On trouvait ensuite une méridienne ou " chambre des bains" servant au roi pour se reposer du bain et se faire épiler.

Au-dessus, en entresol, on trouvait toujours la chambre du valet chargé de l'entretien des bains ainsi que le local pour la chaudière et le réservoir d'eau froide appelé " pièce des cuves". Ce réservoir était approvisionné par des "porteurs d'eau" chaque jour et à chaque bain.

On aménagera, pour cet usage, de petits escaliers de service dont certains exemplaires existent encore dans le château. En arrière était également placée une réserve pour le linge de toilette.

Il existe encore une pièce des cuves miraculeusement préservée dans le chateau, sur la cour des cerfs, avec ses réservoirs de bois, la chaudière pour l'eau chaude, son dalle de tommettes rouges et ses murs enduits à la simple chaux. Il exsite encore une autre chaudière préservée derrière une porte vitrée dans le " passage du roi" - chaudière qui servit probablement pour les bains du comte de Provence puis du fils de Louis XVI.

Ces salles de bains possédaient donc en quelque sorte de l'eau courante chaude et froide, au moyen de robinets et de conduits de plombs encastrés dans les murs, reliés aux cuves entresolées.

Il faut signaler que Louis XV était plus soucieux de son hygiène corporelle que son arrière-grand-père : il prenait, au minimum, deux bains par jour : le matin avant son lever officiel et après la chasse à la suite du " débotté".

Louis XV possédera sept salles de bains différentes dans sa vie, du fait des multiples et incessants travaux dans ses appartements. Pour les situer et les décrire, il faut pratiquer Versailles depuis longtemps et avoir une bonne base sur la monographie de son aménagement.

Nous allons donc essayer dans nos prochains messages de simplifier ces différentes localisations afin d'apprécier pleinement notre sujet. Ces exposés sont inspirés de deux conférences qui se sont tenues à Versailles en 1999 et 2000 " les salles de bains" et " Autour de la cour des cerfs". Les sources utilisées seront :
-catalogue exposition " châteaux de faiences" Marly 1993 ( évocations des salles de bains de Louis XV et de son épouse )
-les petits appartements des roys Louis XV et Louis XVI de H. Racinais 1950 H. Lefevre editeur
-Architecture française de JF Blondel
- divers ouvrages modernes sur l'hygiène, la toilette et la mode dont Vigaro " le propre et le sale" par exemple.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 17 Oct - 2:51

Sur le choix de la future Reine de France

Citation :
Après beaucoup d'hésitations sur le choix entre plusieurs princesses de l'Europe, il se détermina pour la fille d'un roi détrôné, fugitif et proscrit, de Stanislas Leczinski, roi de Pologne. Marie Leczinska avait près de vingt ans ; le roi n'en comptait que quinze. L'extérieur de cette princesse était agréable, sans être séduisant. Le plus grand charme de sa figure était de reproduire toute la bonté de son âme, et d'exprimer des vertus qu'elle devait au malheur ainsi qu'à la religion. Le roi la reçut avec transport, et parut fait pour goûter sur le trône tout le bonheur de la vie domestique. Les intrigues des courtisans les plus corrompus et de toutes les ambitieuses coquettes de la cour échouaient devant la pureté calme de cet amour conjugal.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Ven 17 Oct - 3:00

Citation :
Ce fut dans un tel état du royaume que Louis XV, atteint subitement pour la seconde fois de la petite vérole, mourut le 10 mai 1774 dans sa 64e année, après un règne de cinquante-neuf ans (dont trente et un an de véritable règne). Ses obsèques furent troublées par de sanglants outrages que la multitude proféra contre sa mémoire. Les vingt et surtout les trois dernières années de son règne, avaient permis d'oublier le bonheur, le calme et la judicieuse économie de sa première administration. La nation était profondément humiliée d'avoir fait des pas rétrogrades vers le despotisme. L'exemple de Louis XV prouva que, chez un monarque, la paresse peut triompher de toutes les qualités heureuses qui n'ont point la force des vertus. Cependant l'histoire lui doit un éloge sans restriction : il fut humain.
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Dim 19 Oct - 15:33



Citation :
Si Louis XV ne peut renoncer à être Roi - d'ailleurs les lois fondamentales interdisent toute abdication ou renonciation - il se ménage, dans l'espace et le temps, des plages de détente, où il vit en simple gentilhomme.

[...] Il lui suffit de passer dans les petits cabinets pour devenir simple particulier.


Louis XV respectent la tradition du lever et du coucher du Roi dans la chambre de Louis XIV, mais pour lui elle est des plus inconfortable. Louis ne couche pas dans son appartement d'apparat. Il vient chaque matin en robe de chambre venant de la pièce intime où il a dormi. Il ne respecte pas non plus en toute lettre l'horaire de son prédesceseur. Alors que Louis XIV se levait à heure fixe, quels que soient le temps et les circonstances, Louis XV fixe chaque soir en pleine improvisation l'heure de son réveil.

Son programme de la journée ressemble fortemment a celui de Louis XIV : la messe d'abord, le Conseil ensuite. Son déjeuner ne commence jamais avant 14h ensuite ses après-midi sont essentiellement réservé à la chasse.

Citation :
La première grande erreur de Bien-Aimé fut de retarder sa prise de pouvoir. Louis XIV, Roi à cinq ans, à prit la barre à vingt-deux ans. Louis Xv, Roi à cinq ans, ne la prit qu'à trente-trois ans à la mort du Cardinal Fleury. A peine Mazarin disparu, le Grand Roi marquait le régime de son autorité. Au contraire, n'ayant pas assez associé son royal disciple à l'exercice du pouvoir, Fleury en avait fait un Roi fainéant, lui avait enlevé l'envie de gouverner.


Extrait du livre "Louis XV" de François Bluche
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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Mar 28 Oct - 17:15

LOUIS XV le Bien-Aimé
(né le 15 février 1710, mort le 10 mai 1774)
Roi de France : règne 1715-1774
Partie 3/7

Deux petits-fils de Fouquet, ambitieux, avec un esprit romanesque, réchauffaient l'esprit militaire par des intrigues, des déclamations et des promesses fastueuses. Ils n'avaient déjà que trop pris d'ascendant sur l'esprit du monarque, lorsqu'à la fin de l'année 1740 la mort de l'empereur Charles VI vint exciter l'ambition de plusieurs cabinets, pour le partage de la succession d'Autriche. L'empereur ne laissait qu'une fille, Marie-Thérèse, mariée depuis quelque temps au duc de Lorraine. Chartes VI, en prévoyant sa fin, n'avait occupé ses dernières années qu'à obtenir des principales puissances une garantie solennelle qu'elles laisseraient sa fille recueillir tout son héritage.

Cette considération avait dicté la paix de Vienne, si avantageuse pour la France. Le cardinal de Fleury voulait rester fidèle à la foi des traités, et plaidait pour l'auguste orpheline, au nom de l'honneur, de la justice et même de la prudence. Louis fut, pour la première fois, indocile aux vœux de son sage instituteur ; il écouta le comte de Belle-Isle, oublia les conseils que son bisaïeul lui avait donnés au lit de la mort, et bientôt entreprit une guerre beaucoup plus injuste que toutes celles qui avaient troublés la conscience de Louis XIV.

Le roi de Prusse, Frédéric II, s'était déclaré le premier par la conquête de la Silésie. La France favorisa son ambition et celle de l'électeur de Bavière, qui, pour son malheur, fut élevé à l'empire. Nos armées s'avancèrent jusque dans la Bohême. Le comte de Saxe et son lieutenant Chevert emportèrent la ville de Prague par un des plus brillants assauts dont nos fastes militaires fassent mention. Fleury secondait à regret ces mouvements guerriers.

On vit s'établir entre les généraux français de fatales mésintelligences ; genre de malheur et de honte qu'on avait ignoré sous les règnes absolus du cardinal de Richelieu et de Louis XIV. Le comte de Belle-Isle, provocateur de cette guerre, se vit bientôt enfermé dans la ville de Prague. Mal secouru par le maréchal de Maillebois, il prit le parti de sortir de cette ville pendant l'extrême rigueur de l'hiver. Sa petite armée éprouva d'horribles souffrances. Sur 13 000 hommes qu'il avait ramenés, 4 000 périrent ; et cependant la flatterie contemporaine compara cette retraite à celle des Dix-mille.

Bientôt il fallut évacuer la Bavière, et abandonner le malheureux électeur au juste et rigoureux châtiment de son ambition. Frédéric II ne se fit pas scrupule de trahir la cause des Français, dès qu'il put par ses négociations s'assurer la possession de la Silésie, dont la conquête lui avait coûté quatre sanglantes victoires. L'Angleterre et la Hollande s'était déclarées contre la France. On vit encore une fois des armées française et anglaise se mesurer dans l'Allemagne. Le maréchal de Noailles conduisait la première, et le roi d'Angleterre, George II, la seconde : l'indocilité du duc de Grammont, neveu du maréchal de Noailles, précipita une attaque qui rompait tous les plans du général.

L'armée française était perdue, si la maison du roi n'avait rétabli le combat en perçant quatre fois la cavalerie des vainqueurs. Cette journée de Dettingen (27 juin 1743), quoique signalée par des exploits éclatants, eut les résultats d'une défaite. Le cardinal de Fleury venait d'expirer dans le pouvoir, à l'âge de 90 ans. Louis essaya un moment de régner par lui-même, mais le cardinal ne l'avait point habitué à l'activité, au travail, et il laissa bientôt retomber un fardeau qui était trop au-dessus de ses forces. La perspective de quelques exploits guerriers paraissait le séduire, et il avait résolu de se montrer à la tête de ses armées.

C'était sa maîtresse, la duchesse de Châteauroux, qui lui avait inspiré cet amour de la gloire. Louis XV n'avait pas tout à fait attendu la mort du cardinal pour s'affranchir des devoirs du lien conjugal. Déjà, pendant la décrépitude de son instituteur, il avait aimé, mais avec quelque ombre de mystère, madame de Mailly, aînée de la maison de Nesle. Cette favorite, qui était fort loin d'offrir tous les charmes de madame de la Vallière, la rappelait au moins par la sincérité de sa tendresse.

Bientôt le roi, emporté dans ses nouveaux goûts, lui préféra une de ses sœurs, madame de Vintimille. Celle-ci ne jouit que peu de temps de son indigne triomphe : elle mourut en couche ; et Louis tourna ses regards sur la jeune sœur de ses deux maîtresses, la marquise de la Tournelle (depuis duchesse de Châteauroux). Sa beauté était éblouissante ; son esprit était aimable et vif, son caractère ambitieux ; elle croyait pouvoir se faire pardonner sa faiblesse en conduisant son amant au combat : l'un et l'autre partirent pour la Flandre ; les soldats reçurent le roi avec transport, et la favorite avec les plus durs témoignages de mépris.

Il emporta successivement les villes de Menin, Ypres, Furne, et fit célébrer ses faibles succès par autant de Te Deum. L'Alsace fut menacée ; il s'y rendit : la duchesse de Châteauroux continua de le suivre. A peine était-il arrivé à Metz, le 4 août 1744, qu'il fut atteint d'une maladie dangereuse ; toute la France reçut cette nouvelle avec saisissement : dix-sept ans de bonheur se retraçaient vivement à l'imagination du peuple ; le péril que courait Louis le rendait plus cher aux Français ; on y voyait le résultat de ses fatigues militaires.

Mais, pendant que le peuple gémissait et remplissait les églises des vœux les plus sincères, une piété justement sévère, écartant le scandale, veillait auprès du lit du roi. Avant qu'on lui administrât les derniers sacrements, on lui prescrivit de renvoyer la duchesse ; il fit ce sacrifice. La reine, le dauphin et ses sœurs, s'étaient rendus à Metz. La vue de ce jeune prince produisit sur le cœur du monarque une impression aussi fâcheuse qu'inattendue : dans les sollicitudes de la piété filiale, il crut voir l'empressement d'un successeur.

On sait quelle fut l'ivresse des Français quand ils apprirent la guérison du roi : à aucune époque la monarchie ne se produisit sous des couleurs plus aimables. On crut sentir alors que l'amour en était le principal ressort. Louis, en apprenant les transports qu'avait fait naître et que prolongeait la nouvelle de sa guérison, s'écria : « Qu'ai-je donc fait pour être aimé ainsi ? » Ce mot naïf toucha les Français. On y répondit en lui donnant le délicieux surnom de Bien-aimé.

Il voulut illustrer son retour en prenant part à quelques travaux guerriers, et il vit la prise de Fribourg. Cependant il conservait contre les courtisans qui, durant sa maladie, lui avaient fait entendre des exhortations sévères et bannir sa maîtresse, plus de ressentiment que l'on n'en devait craindre de cette âme faible et douce. Son premier aumônier, l'évêque de Soissons, et le duc de Châtillon, gouverneur du dauphin, furent exilés : ces vengeances assuraient le triomphe de la favorite ; à peine Louis le Bien-aimé fut-il rendu aux vœux des Parisiens, qu'il céda au désir de la revoir : la duchesse de Châteauroux était malade quand elle reçut l'ordre tant désiré de reparaître devant le roi.

Soit qu'elle cédât à la vivacité de sa passion, soit quelle eût des pensées d'orgueil et de vengeance, elle ne voulut pas différer un moment si précieux : la mort suivit de près son imprudent triomphe. Louis parut plongé dans un désespoir profond, mais bientôt il ne sut plus combattre sa douleur que par l'ivresse des plaisirs. Madame Le Normant d'Étioles s'offrit à ses regards : dans les fêtes de la cour déjà depuis deux ans, elle avait essayé sur le roi le pouvoir de sa beauté, de sa coquetterie, en suivant la chasse royale dans la forêt de Senart. L'obscurité de sa naissance était un peu couverte par la brillante fortune de son mari, Le Normant d'Étioles. Des intrigues subalternes lui avaient appris l'art de subjuguer un caractère faible : elle domina le roi, sans lui inspirer une vive passion ; et son crédit surpassa bientôt celui des ministres, des courtisans les plus habiles, des généraux les plus renommés.

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MessageSujet: Re: Louis XV et son époque   Mer 29 Oct - 2:23

Les enfants de Louis XV


Madame Infante (1727-1759)



Marie Louise Elisabeth de France, dite Madame Première ou Madame Elisabeth puis Madame Infante est le premier enfant de Louis XV et de Marie Leszczcynska.
Elle passe son enfance à la cour entourée de ses sœurs Henriette et Adélaïde et du dauphin.
En 1739, elle épouse le fils de Philippe V d’Espagne et devient duchesse de Parme.
Elisabeth réussit à faire la conquête de ses beaux-parents et donna naissance à trois enfants : Isabelle (1741-1763), Ferdinand (1751-1802) et Louise Marie Thérèse (1751-1819).
La duchesse meurt subitement le 6 décembre 1759 à Versailles de la petite vérole.

***


Madame Henriette (1727-1752)



Anne-Henriette de France dite Madame Seconde ou Madame Henriette est la jumelle de la duchesse de Parme. Elle née le 14 août 1727 à Versailles. Henriette est la fille préférée du roi et a de l’influence sur lui.
Elle ainsi que ses sœurs cadettes ne se marieront pas. Henriette vécut une aventure amoureuse avec son cousin, le duc d’Orléans mais le roi s’opposa à cette union.
Elle mourut le 10 février 1752 de la tuberculose.

***


Louise-Marie de France (1728-1733)



Louise-Marie ( ou Marie-Louise) de France née le 28 juillet 1728. Pour toute la cour, c’est un déception car on attendait le venu d’un garçon. La petite princesse mourut à 4 ans et demi le 19 février 1733, victime d’une épidémie de rhume.

***


Madame Adélaïde (1732-1800)



Marie Adélaïde de France née le 23 mars 1732. D’un caractère indomptable, elle mènera la vie dure à toutes les favorites de son père. Elle refusa de se marier étant jeune et demeura vieille fille. Elle survécut à ses parents et à son neveu Louis XVI. Elle quitta la France pour échapper à la Révolution Française et mourut en Italie le 27 février 1800.

***


Madame Victoire (1733-1799)



Marie-Louise-Thérèse-Victoire de France dite Madame Victoire est née le 11 mai 1733. Elle partie avec ses jeunes sœurs pour le couvent de Fontevrault alors qu’elle n’avait que 5 ans. Elle revint à Versailles à l’âge adulte et y subit l’influence de Madame Adélaïde. Lors de la Révolution Française, Victoire suivit sa sœur en Italie et y mourut le 7 juin 1799.

***


Madame Sophie (1734-1782)



Sophie-Philippine-Elisabeth-Justine de France dite Madame Sophie née le 27 juillet 1734. Partie en 1738 avec ses sœurs au couvent de Fontevrault, elle restera très attaché à Victoire. Vu le grand manque de prétendants à l’époque, Louis XV n’envisagera jamais de la marier. Sophie survivra à ses parents et s’éteint en 1782.

***


Madame Louise (1737-1787)



Dernier enfant légitime de Louis XV, Louise-Marie de France dite Madame Louise née le 15 juillet 1737. Lorsqu’elle rentre du couvent de Fontevrault, elle arrive dans un monde qui lui est étranger. Elle ne s’habituera pas à la cour et décide bien tôt d’entrée au Carmel. Après la mort de sa mère en 1768, elle en demande l’autorisation au roi et y rentre en 1770. Modèle pour tous, elle y meurt le 23 décembre 1787.

***


Louis-Ferdinand Dauphin de France (1729-1765)



Louis Ferdinand de France est l’aîné de fils de Louis XV et de Marie Leszczynska. Il naquit le 4 septembre 1729 au château de Versailles.
En février 1745, le dauphin épouse Marie-Thérèse- Raphaëlle d’Espagne, fille de Philippe V. Après la mort de celle-ci, il épouse Marie-Josèphe de Saxe qui lui donnera neuf enfants. En août 1765, le dauphin s’enrhume et est bientôt fiévreux. Il s’affaiblit de jour en jour et s’éteint le 20 décembre.

***
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